Sigourney Weaver : the Sci-Fi Queen

Trois fois nominée aux Oscars, Sigourney Weaver n’est pourtant jamais repartie avec la fameuse statuette. A l’inverse, elle collectionne les Saturn Award (Academy of Science Fiction, Fantasy & Horror Films). La SF aime Sigourney, d’où son titre de reine du Sci-Fi,  et celle-ci le lui rend bien. Revenons le temps d’un article sur cette actrice qui a démontré que puissance, combativité et féminité pouvaient se marier et, surtout, avoir du succès.

70’s : une rebelle complexée

Sigourney a grandi dans une cage dorée, à New-York entre un père producteur télé et une mère actrice. Très vite, elle s’attire les foudres familiales en changeant son nom de Susan Alexander à Sigourney, prénom issu du roman The Great Gasby de F. Scott Fitzgerald, un ouvrage critique sur l’opulence et la superficialité de de la bourgeoisie. Forcément, ça ne plait pas trop à papa et maman. A l’université, Sigourney choisit d’étudier la littérature, mais suit néanmoins des cours d’acteur. Grande, trop grande, elle suscite les moqueries alors que l’une  de ses camarades, une certaine Meryl Streep, est sans cesse encensée. Parallèlement, les années 70 battent leur plein. Entre deux petits tournages, Sigourney s’engage dans le mouvement anti guerre du Vietnam, et rejoint les farandoles de hippies. Elle gardera toujours ses convictions puisqu’encore aujourd’hui, elle œuvre contre la prolifération des armes, milite pour Greenpeace et est présidente d’honneur du Diane Fossey Gorilla Fund International.

80’s : it’s a man’s man’s man’s world

Après une mutitude de petits rôles et une apparition chez Woody Allen, Sigourney Weaver devient connue du grand public en 1979, grâce à son personnage  d’Ellen Ripley dans Alien, le huitième passager. A l’époque, le choix de prendre une femme dans le rôle principal était osé. D’ailleurs, le scénario avait été écrit pour un homme. Durant la décennie 80, les films qui ont eu le haut de l’affiche ne présentaient pas la femme sous un angle novateur. Pour rappel, les plus gros succès ont été Raging Bull, Indiana Jones, Scarface, Rocky, Full Metal Jacket, Die Hard ou encore Top Gun. Vous conviendrez que tous ces films sont très masculins, à tel point que l’un d’entre eux est même devenu un film culte gay. Malgré la libération sexuelle, les femmes sont encore relativement  absentes des scenarii, ou reléguées au rang de femme/petite amie de. Vous comprenez mieux, qu’à l’époque, Sigourney Weaver était un peu la seule et l’unique sur le créneau des femmes avec un gros flingue.

Cependant, notre grande actrice ne veut surtout pas se faire étiqueter uniquement comme la nana qui bute des méchants extraterrestres et, de ce fait, ses choix cinématographiques deviennent assez hétéroclites. On la retrouvera dans le très bon « L’année de tous les dangers » en diplomate, dans l’émouvant  « Gorilles dans la brume » en anthropologue engagée, ou même dans SOS fantômes. En effet, elle ne reniera jamais son petit côté fantastique.

90’s/10’s : des choix hétéroclites et une fidélité tout sciencefictionnesque

Dans les années 90, entre deux Aliens, Sigourney enchaîne des rôles assez sombres (1942 Christophe Colomb, La jeune fille et la mort, Copycat…) pour revenir petit à petit vers la comédie et le fantastique. C’est en 1999 que sort Galaxay Quest, comédie SF dans lequel Sigourney joue Gwen DeMarco, un rôle à l’antipode de celui d’Ellen Ripley, et où elle s’amuse tout en rendant hommage à sa notoriété dans le monde Sci-Fi.

La première décennie du nouveau millénaire confirmera les goûts hétéroclites de l’actrice, qui peut se permettre à peu près tout et ne s’en prive pas. Entre autres, elle joue une productrice garce dans The TV Set, une autiste dans Snow Cake ou encore une voix d’ordinateur dans Wall-E. En 2009, elle interprète même de nouveau une anthropologue, mais sur Pandora dans le film Avatar.

A venir

Et ce n’est pas fini ! Entre des choix de films plus personnels, Sigourney Weaver devrait jouer dans Avatar 2 (peut-être aurons-nous un scénario cette fois) et dans Ghostbusters III ! Par contre, elle ne jouera pas dans les  préquelles d’Alien (ce serait un peu compliqué de la faire rajeunir… quoiqu’on l’a bien cloné…) mais a affirmé, dans des articles récents, que si son pote Ridley avait besoin de quelques idées, elle se tenait à sa disposition. Sigourney ne se plaint pas : elle possède un sacré emploi du temps puisqu’elle vient de terminer de tourner dans une comédie vampirique (Vamps de Amy Heckerling), et devra affronter prochainement Robert De Niro en medium dans Red Lights, le prochain film très attendu et paranormal de Rodrigo Cortes.

Nous n’avons donc pas fini de voir the Sci-Fi Queen sur nos grands écrans et comme elle le dit si bien : « I’m always up for going to another planet. Outer space has been good to me. » Laissons-nous donc surprendre par ses choix interstellaires. Elle n’est pas prête de redescendre depuis qu’Alien l’a mise en orbite il y a déjà trente ans.

Lojie

Lojie a grandi au milieu des romans de gare, des livres d’horreur et d’épouvante et des films de space-opera. Lojie a aussi grandi dans un coin bien pourri de la profonde banlieue parisienne et, jusqu'à l'âge du permis de conduire, a passé ses samedis soirs devant la trilogie de la petite chaîne qui monte. Depuis, les séries-télés, les livres et les films l'accompagnent contre vents et marées.

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